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Le 07 mai 2010

CRISE FINANCIERE : LE POINT, QUID DU RISQUE SYSTEMIQUE ?

Faisant suite à notre propos d'hier 6 mai 2010, nous vous proposons une analyse des risques qu'il vous appartient de juger, afin d'en tirer des conséquences sur vos investissements ...


Faisant suite à notre propos d'hier 6 mai 2010, nous vous proposons une analyse des risques qu'il vous appartient de juger, afin d'en tirer des conséquences sur vos investissements financiers.

 

 

CRISE SUR LES MARCHES FINANCIERS

JOURNEE DU 7 MAI 2010

 

 

 

 

I - Pourquoi rester en risque sur les marchés financiers est-il potentiellement très dangereux ?

 

Il est prudent et recommandé de se désengager de tout produit financier pour les raisons suivantes :

 

L’instabilité est telle que le risque d’un plongeon majeur et peut-être brutal des marchés ne peut plus être à exclure.

 

A mon sens deux scénarios sont envisageables :

 

1)      la confiance revient peu à peu et il sera toujours temps de se réinvestir sur des produits appropriés aux objectifs de chaque investisseur. Je doute que les marchés rebondissent aussi rapidement et aussi brutalement que ce que nous vivons depuis une dizaine de jours. Autrement dit les investisseurs éventuellement ne bénéficieront pas en totalité de la reprise mais éviteront le scénario catastrophe.

 

2)      le scénario pessimiste voire catastrophique se déroule et dans ce cas deux effets pour les investisseurs qui seront sortis aujourd’hui : ils auront grandement limité leurs pertes financières, et ils seront investisseurs au moment où les marchés se reprendront.

 

II – Analyse de la situation et potentialité du risque systémique

 

Il ne s’agit pas de faire du catastrophisme mais de tenter d’analyser objectivement la situation, il appartient ensuite à chacun de se forger sa propre opinion sur les perspectives d’avenir.

 

Il faut, pour bien comprendre l’existence potentielle du danger, revenir dix huit mois en arrière avec le début des effets visibles de la crise financière.

 

Le surendettement des ménages, la crise des subprimes, la spéculation débridée et incontrôlée des organismes financiers génèrent une crise telle que les plus grandes banques sont touchées, jusqu’à la faillite de la banque américaine Lheman brothers.

La décision du gouvernement américain de ne pas soutenir cette banque se traduit instantanément par une chute des marchés financiers. Une des raisons : les économies sont tellement liées à l’échelle mondiale que tout le monde craint l’effet domino jusqu’à l’écroulement du système bancaire généralisé.

 

Quelles sont alors les réactions de par le monde ? Les gouvernements, afin d’éviter l’effondrement du système économique décident d’injecter massivement des fonds pour sauver les banques.

 

Les états, déjà excessivement endettés avant la crise, empruntent alors des sommes colossales pour deux raisons :

 

-         injecter de la liquidité et soutenir les banques,

-         emprunter des sommes supplémentaires destinées à investir massivement dans des plans de relance afin de relancer la croissance, qui seule, peut permettre de rembourser ces sommes gigantesques.

 

Finalement le surendettement des ménages a été transféré aux états avec comme unique espoir le reprise de la croissance.

 

Le problème aujourd’hui est qu’il faut se rendre à l’évidence, la croissance espérée n’est pas au rendez-vous dans les proportions attendues.

 

D’où l’apparition des premiers effets avec l’état Grec qui ne fait plus face à ses échéances financières et qui se trouvent dans l’obligation de demander de l’aide.

 

Que se passe- t-il aujourd’hui ? Les grands pays de la zone euro sont tous imbriqués financièrement et sont tous réciproquement créanciers et débiteurs.

 

Nous sentons bien qu’il n’existe pas de consensus franc, volontaire et solidaire pour prêter à la Grèce et cela notamment pour deux raisons majeures :

 

-         un véritable doute sur la capacité de l’état Grec à rembourser ses dettes s’est instauré,

 

-         l’Europe n’est pas soudée dans un élan de solidarité, les pays du Nord avec en tête l’Allemagne qui ont réformé leur économie par des efforts sur une quinzaine d’années reprochent à mots couverts aux pays du Sud et notamment la France de n’avoir pas fourni les mêmes sacrifices et se demandent même si ces pays sont capables de le faire.

 

Il domine le sentiment que les pays européens et le FMI se préparent à prêter à l’état Grec pour éviter l’effet domino tant redouté.

 

Il me semble utopique d’imaginer que les pays fortement endettés et cumulant des déficits budgétaires trop élevés seront en mesure d’imposer des plans de rigueur aussi drastiques à leur population de façon aussi brutale qu’en Grèce.

 

Car la question est bien la suivante : une population peut-elle si rapidement changer de mode de vie, et revenir sur son niveau de vie ?

 

Beaucoup de pays sont concernés et au rang desquels la France.

 

Nous avons toujours éprouvé des difficultés  à maintenir nos déficits budgétaires à un seuil maximum de 3% du PIB exigé dans le pacte de stabilité . (La principale obligation des pays est que le déficit public, déficit consolidé de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales, ne dépasse pas 3 % du PIB )

 

Nous nous dirigeons vraisemblablement vers un déficit 2009 proche de 8% du PIB.

 

 

Je vous laisse juge de la capacité de la France à mettre en œuvre les mesures permettant en peu de temps ( on nous parle de 2013 ) de ramener ce déficit public à un niveau raisonnable ( je n’ose même pas parler des fameux 3% ).

 

A titre d’information, des Etats tels que la Grèce et l'Espagne, sont confrontés à des difficultés financières sans précédent. Les déficits budgétaires explosent, outrepassant de loin les critères de convergence du pacte de stabilité et de croissance (3% du PIB). Le déficit public de la Grèce atteignait ainsi 12,7% fin 2009, celui de l'Irlande 12,5% et celui de l'Espagne 11,2%.

 

Si l’on considère que certains pays ne pourront pas faire face aux remboursements de leur dette, le château de carte européen s’écroule. En effet tout les pays se tiennent. Imaginons que la Grèce à court ou moyen terme n’honore pas ses échéances, chaque pays créancier connaîtra une dépréciation de ses créances à différents échelons : les pays eux-mêmes, les établissements bancaires, et chaque particulier qui aurait des créances grecques logées d’une manière ou d’une autre au sein de produits financiers tels les SICAV.

 

Evoquons également le scénario d’une sortie de la Grèce de la zone euro. Si la Grèce ne parvient pas à réduire ses déficits et par conséquent ne puisse plus payer ses dettes, elle choisira éventuellement ou peut-être sera-t-elle obligée de quitter le système monétaire européen, en reprenant sa monnaie nationale afin de procéder à une dévaluation pour relancer sa propre croissance, quitte à réintégrer l’euro lorsque ses critères seront de nouveau acceptables. Une telle hypothèse, extrêmement compliquée techniquement, aboutirait au même résultat, la dévaluation emporterait dépréciation des créances détenues par les créanciers.

 

Pour reprendre l’exemple de la France, l’état et les banques doivent détenir des créances greques représentant probablement près de 100 milliards d’euros.

 

 

III – Potentialité du risque systémique

 

Nous venons d’évoquer les risques éventuels attachés aux endettements et déficits excessifs des états.

 

Il me semble que la potentialité du risque systémique proviendra de l’effet combiné de la défaillance des états et de la défaillance du système bancaire.

 

Le système bancaire a été sauvé il y a dix huit mois par un plan de soutient d’une ampleur sans précédent.

 

Le monde entier s’est rendu compte tout d’un coup que les banques avaient spéculé à un point tel qu’elles avaient mis en péril l’équilibre financier mondial.

 

Les différents plans de soutient ont été mis en place avec l’engagement moral des banques de respecter au moins deux promesses :

 

-         prêter sur les marchés aux investisseurs économiques afin de continuer à stimuler la croissance,

 

-         respecter désormais des règles de bonne conduite, tirant leçon des enseignements du danger imminent que le monde venait de connaître.

 

 

Quelle candeur !

 

Nous avons vu avec quel empressement les banques ont joué leur rôle de prêteur, il a fallu nommer un médiateur tant la résistance était réelle.

 

Quant au code de bonne conduite, c’est bien simple, les banques n’ont jamais été aussi active sur la spéculation sauvage, à un degré supérieur à celui d’avant crise.

 

Je crains que cette spéculation outrancière ne se traduise de nouveau par des faillites de banque. Les spéculateurs dans leur frénésie n’ont pas pu anticiper un retournement des marchés financiers d’une telle ampleur et si rapidement.

Le problème est que la crise des états va au mieux ralentir les possibilités de rebond des marchés, au pire aggraver la situation.

 

Je crains donc que de façon inéluctable, nous apprenions dans les jours, semaines ou mois à venir, que le débouclage de certaines opérations de spéculation conduise des banques dans une impasse exactement comme il y a dix huit mois.

 

Le véritable problème est qu’il n’existe plus de plan B, plus aucune solution.

 

Retour dix huit mois en arrière, nous n’avons en fait jamais quitté la crise financière car le mal  a été fait : une partie du monde civilisé a vécu au dessus de ses moyens et ne peut plus payer la facture sauf à réduire son niveau de vie.

 

Notre approche personnelle des risques à venir se concentre finalement sur notre confiance dans les populations à être capable d’accepter ce retour en arrière.

 

Chacun est juge.

 

 

IV – CONCLUSION

 

 

Aujourd’hui les produits financiers sécuritaires monétaires offrent une rentabilité rarement supérieure à 1 % ( hors livrets divers plafonnés ).

 

Les produits financiers à risque adossés aux marchés actions me semblent imprudents.

 

Qu’en est-il de l’avenir des fonds en euros ?

 

Si vous connaissez du stress eu égard aux risques financiers, demandez conseil à un professionnel et ne restez pas seul face aux risques.

 

David HOUILLIERE

Le 7 mai 2010

Multidroit

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76000 Rouen
Tél : 02 35 92 23 93

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